Une si jolie rivière
L’OUSSON
vous connaissez ?


Ah oui, ce petit filet d’eau boueuse qui circule au milieu des prés en automne et
en hiver et joue les oueds nord-africains en été !

C’est ça, mais avant ce n’était pas ça.

Pour tous ceux qui comme moi eurent leur adolescence dans les années
cinquante et bien sûr leurs parents, l’OUSSON c’était une jolie petite rivière,
gavée de sources et riche d’une vie sauvage d’une grande qualité.
Tantôt sous les ombrages, tantôt au grand soleil, tout au long de son cours,
elle arrosait les prés de pâture en serpentant de barrages en cascadelles
avant de se jeter dans la Loire au Pont Noir.

Parfois profonde de près d’un mètre, parfois
frottant le sable et les gravières elle offrait une étonnante diversité de sites tous
propices à la vie aquatique et partant, à l’existence d’une faune tout aussi diversifiée.

Nous nous y baignions (l’eau était bigrement froide !) ; on y pêchait des truites
fario brunes et dorées et des brochets d’un beau vert presque bleu qui
fourrageaient les herbiers de myriophylles et de callitriches à la poursuite de
bancs de goujons et de gardons brillants et dont les chasses bruyantes faisaient
parfois sauter jusque sur la berge, toutes pinces dehors,
de grosses écrevisses au dos noir.

D’innombrables oiseaux : mésanges (une bonne demi-douzaine d’espèces),
bergeronnettes, fauvettes, phragmites ,locustelles, chardonnerets, bouvreuils et
roitelets, mais aussi, à la belle saison : guèpiers et rolliers d’Europe aux
plumages flamboyants, exploitaient ses rives humides à la recherche d’insectes,
de vers, de larves et de crevettes d’eau douce tandis que les martins-pêcheurs
scellaient dans de brefs éclairs bleus le destin de poissonnets trop aventureux
sous l’oeil indifférent de paisibles ruminants.

C’était un lieu de charme et de détente ; les peintres y posaient leur chevalets et
les oussonnois venaient s’y promener ou pêcher le dimanche en famille.
Chaque site possédait son charme propre :
à la sortie de la pelle de l’étang de la fontaine,
l’OUSSON renaissait de son parcours en eaux mêlées d’une
puissante chute se fracassant dans un bassin noir et profond ; puis, tel un
ruisseau de montagne, il filait sur les cailloutis entre les rives rocheuses et les
racines mêlées d’aulnes de saules et d’accacias où
s’abritaient de grosses carpes franches et miroir.

Dans les prés de la rive des bois il s’élargissait et somnolait entres vieilles
souches noyées et bancs de nénuphars.
C’était là le royaume de la grosse friture
de brèmes au dos vert et de gardons gros comme la main.

Au petit pont sur la route du four à chaux à Jérusalem, il se divisait entre
principal et trop plein et tandis que l’un, corsetté entre berge et levée de terre
filait faire tourner le moulin de la Gombarderie, l’autre s’en allait
nonchalamment abreuver les pâtures.
Les deux, réunis, s’en allaient ensuite franchir le pont du chemin de fer sous
lequel truites et brochets rançonnaient les compagnies d’ablettes et de vairons.
Ils étaient si nombreux et si peu farouches, que les gamins que étions les
braconnaient (il y a prescription) d’un jet de lance-pierre ou de harpon
improvisé, mariage insolite d’un manche à balai et d’une fourchette édentée.

Franchi le second pont sous la route nationale au Tiers-Etat,
l’OUSSON se redivisait et abordait les prés d’OUSSON ;
le bras droit à nouveau entre berge
et levée allait alimenter les lavoirs et former le bief du moulin où des nuées de
tétards tentaient désespérément d’échapper à nos boîtes de conserve-épuisette.
Le gauche, entre prairie et berges pentues descendues des Boissons, cascadait
de barrage en barrage avant de rejoindre son alter ego après le pont Bucci.

Dans le pré du moulin, l’OUSSON formait tout au long des jardins des Ouches
un bien joli parcours de pêche où truites, grosses vandoises (que l’on appelait
les « musiciens » au curieux son qu’ils émettaient lorsqu’on les tirait hors de
l’eau), grandes ablettes blanches (les sardines)et même aloses fintes et petits
saumons remontaient par temps de crue.

En fin de parcours, le flot venait battre les murs des jardins de la rue de la motte
avant de s’engouffrer sous le Pont Noir et saillir en Loire d’un dernier élan
nourricier pour les banc de perches attendant la manne.

En transcrivant ces souvenirs émerveillés de nos maraudes de gosses au bord de
l’OUSSON, il me revient la chanson qui disait : "je vous parle d’un temps que
les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…

C’est vrai qu’il en à passé de l’eau sous les ponts de l’OUSSON et qu’il n’en
passe plus guère aujourd’hui !
En refaisant nos anciens parcours d’aventures on est bien attristé du spectacle
qu’offre aujourd’hui la rivière ; assèchée, envasée, encombrée de bois tombé
noyée par endroits sous une inextricable végétation elle n’incite plus guère aux
plaisirs de la pêche et de la promenade.
Pour couronner le tout, à la sortie de la Gombarderie l’eau est morte ! plus
d’insectes ni de larves ou de crevettes d’eau douce, il n’y a plus de vie.
Les poissons ont disparu et les oiseaux avec .

A l’arrivée sur OUSSON il ne reste plus rien de la jolie petite rivière que ce
méchant filet d’eau que j’évoquais au début de ce récit et qui vient finir
tristement son parcours au Pont Noir sur un lit de ciment dans un marais
boueux dont la configuration n’évoque plus que de très loin un estuaire
poissonneux.

Certains s’en battront l’œil d’autres en seront tristes .
A ceux-là je dirai qu’il est possible de faire revivre l’OUSSON,
c’est affaire de volonté de persévérance et bien sûr de moyens ;
mais là des solutions existent(*)
et croyez-en les souvenirs de quelques vieux-jeunes d’OUSSON,
le jeu en vaut largement la chandelle !


Claude DENIAUD


L'Ousson de notre enfance





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Association : OUSSON Patrimonia.
Président M. Claude DENIAUD


Siège social :
9, rue des Marronniers,
45250 Ousson-sur-Loire.

Date de la déclaration :
15 janvier 2007
Activité(s) : Défense de droits fondamentaux,
activités civiques / Environnement

No de parution : 20070005
Département (Région) : Loiret (CENTRE)
Lieu parution :
Déclaration à la sous-préfecture de Montargis.
Type d'annonce : ASSOCIATION/MODIFICATION

Déclaration à la sous-préfecture de Montargis.
Ancien titre : DE L’OSCEL A L’OUSSON.

Nouveau titre : OUSSON PATRIMONIA.
Nouvel objet : protection et développement
de l’Ousson et de son environnement.

Journal Officiel : No d'annonce : 892
Journal Officiel : Paru le : 03/02/2007